Le risque de coupure de gaz en France est la grande peur héritée de la crise énergétique de 2022. Pour y répondre avec des faits, il existe un thermomètre officiel : le signal Ecogaz, publié chaque jour par les gestionnaires du réseau. Le verdict est net : sur 1 327 journées suivies, du 18 octobre 2022 au 13 juin 2026, le signal est resté 100 % « vert » — aucune alerte, jamais. Mais « vert » ne veut pas dire ce que l'on croit, et surtout pas que votre facture est à l'abri.
L'essentiel à retenir
100 % de journées vertes : sur les 1 327 jours enregistrés depuis le lancement (18/10/2022), le signal Ecogaz n'est jamais passé au jaune, à l'orange ou au rouge.
0 délestage, 0 coupure programmée : aucun dispositif d'interruption des industriels n'a été déclenché sur la période.
Les 4 hivers de chauffe sont couverts et 100 % verts, y compris l'hiver 2022-2023, au cœur de la crise énergétique.
Vert ≠ prix bas. Le signal mesure l'équilibre du réseau, pas le montant de votre facture, qui a fortement augmenté sur la même période.
Source : NaTran (ex-GRTgaz) & Teréga, signal Ecogaz — ODRÉ / data.gouv.fr. Période : 18/10/2022 → 13/06/2026.
Note de lecture — à lire avant d'interpréter le « vert » Le signal Ecogaz est une prévision nationale à 5 jours du niveau de tension du réseau (périmètre France hors Corse). « Vert » signifie que la consommation reste raisonnable par rapport aux capacités disponibles — ce n'est pas une garantie qu'il n'y a eu aucune tension, ni un indicateur de prix. Par ailleurs, le fichier public analysé comporte 8 journées non renseignées (15 au 22 novembre 2025) : elles ne changent pas le constat (aucune couleur autre que verte n'apparaît sur toute la série), mais nous les signalons par souci de transparence.
Y a-t-il déjà eu un risque de coupure de gaz en France depuis 2022 ?
Non : depuis le lancement d'Ecogaz le 18 octobre 2022, aucune journée n'a dépassé le niveau « vert » — soit 1 327 jours consécutifs sans alerte (source : NaTran & Teréga, ODRÉ). Concrètement, le réseau de gaz français est resté en permanence au plus bas niveau de tension de son échelle, y compris pendant les mois d'hiver où la demande de chauffage est maximale.
Ce résultat mérite d'être souligné parce qu'il contredit la mémoire collective de l'hiver 2022-2023 : à l'automne 2022, la crainte de coupures ou de délestages était largement relayée. Dans les faits, le dispositif conçu précisément pour signaler ce danger n'a jamais eu à l'activer. Le risque perçu et le risque mesuré n'ont pas coïncidé.

Le chiffre clé : 1 327 journées vertes sur 1 327 enregistrées, soit aucune journée classée jaune, orange ou rouge entre octobre 2022 et juin 2026.
Comment fonctionne le signal Ecogaz et que veulent dire ses couleurs ?
Ecogaz est un baromètre quotidien lancé en octobre 2022 par GRTgaz (devenu NaTran) avec Teréga et l'ADEME ; il classe la tension du réseau gazier sur une échelle de 4 couleurs, du vert (niveau 1, normal) au rouge (niveau 4, critique). Le signal prévoit la situation sur les 5 jours à venir, à l'échelle nationale, et est mis à jour une fois par jour.
Voici ce que dit chaque niveau :
🟢 Vert (1) — consommation raisonnable, réseau à l'équilibre, aucune précaution particulière.
🟡 Jaune (2) — consommation élevée : une modération volontaire est la bienvenue.
🟠 Orange (3) — situation tendue : forte modération demandée à tous.
🔴 Rouge (4) — réseau critique : les gestionnaires peuvent délester les grands industriels (interruptibilité) pour protéger l'approvisionnement des particuliers.
Un point que beaucoup ignorent : en cas de rouge, ce sont d'abord les gros consommateurs industriels qui seraient coupés, pas les foyers. Les particuliers et les sites sensibles (hôpitaux, etc.) sont les derniers concernés. La mécanique du dispositif protège structurellement le grand public — ce qui relativise, pour un ménage, l'idée d'une « coupure de gaz à la maison » du jour au lendemain.
Le signal est resté vert même pendant la crise énergétique : comment est-ce possible ?
Le réseau a tenu parce que plusieurs facteurs ont joué dans le même sens : des stockages souterrains bien remplis, de nouvelles capacités d'importation de GNL, des hivers relativement doux et une baisse structurelle de la consommation. Aucun de ces éléments pris isolément n'explique le « vert » permanent ; c'est leur combinaison.
Autrement dit, le vert n'est pas tombé du ciel : c'est le résultat visible d'un ensemble de décisions et de circonstances favorables. La France a diversifié ses sources d'approvisionnement après la réduction des flux russes, a rempli ses réserves avant chaque hiver, et a vu sa demande de gaz reculer nettement (effet prix, sobriété et efficacité énergétique). Le baromètre enregistre le résultat de tout cela — il ne le garantit pas pour l'avenir.
Notre analyse : un signal 100 % vert doit se lire comme un bilan de robustesse passée, pas comme une promesse. Chaque hiver se rejoue avec ses propres conditions (météo, marchés, niveau des stocks). La sérénité observée jusqu'ici est réelle, mais elle se reconstruit chaque année.

« Vert » veut-il dire qu'il n'y a jamais eu de tension sur le gaz ?
Non. Un signal vert indique que le réseau est resté maîtrisable, pas qu'aucune tension n'a existé. La distinction est essentielle : Ecogaz mesure l'équilibre offre-demande physique du réseau au niveau national, pas la nervosité des marchés ni le coût de la molécule.
On peut donc avoir, en même temps, un réseau parfaitement vert et des prix de gros qui s'envolent, comme ce fut le cas en 2022. Le vert dit « le gaz circule normalement » ; il ne dit rien de « à quel prix ». Confondre les deux mène à un contresens fréquent : croire qu'un signal rassurant signifie une facture rassurante.

À retenir : sécurité d'approvisionnement et prix sont deux sujets différents. Le premier est resté au vert. Le second, non.
Un signal vert protège-t-il votre facture de gaz ?
Non : le signal Ecogaz ne dit rien du prix. Un réseau au vert et une facture en hausse ont parfaitement coexisté depuis 2022. La sécurité d'approvisionnement dépend des infrastructures et des stocks ; le montant que vous payez dépend, lui, des marchés de gros, des taxes, de la part d'abonnement et surtout de l'offre que vous avez souscrite.
C'est là que le « tout va bien » du réseau peut jouer contre vous : rassuré par l'absence de risque de pénurie, on oublie que le levier d'économie le plus accessible n'est pas la sécurité du réseau mais le choix de son contrat. À consommation identique, l'écart entre deux fournisseurs peut représenter plusieurs dizaines à centaines d'euros par an.
Pour comprendre ce qui compose réellement votre facture, voir : qui fixe le prix de l'énergie en France → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/qui-fixe-le-prix-de-l-energie-en-france et Prix du gaz et de l'électricité en 2026 → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/prix-gaz-electricite-2026. Si votre offre n'a pas bougé depuis la crise, Comparer les fournisseurs de gaz et d'électricité → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/comparateur-fournisseur-gaz-et-electricite-pour-faire-des-economies est souvent le geste le plus rentable.
Faut-il quand même s'inquiéter pour les prochains hivers ?
Pas d'inquiétude à court terme, mais pas de complaisance non plus : chaque hiver dépend de conditions qui se reconstituent d'année en année. Le bilan 2022-2026 est excellent, mais il repose sur des stocks à reconstituer chaque été, des importations à sécuriser et une météo qu'on ne maîtrise pas.
La bonne posture n'est donc ni la panique ni le « c'est réglé ». La sobriété — baisser le chauffage d'un degré, entretenir sa chaudière, isoler — reste utile même quand le signal est vert : elle allège la demande de pointe (celle qui, un jour, pourrait faire virer le signal) et, surtout, elle allège votre facture immédiatement. Pour arbitrer entre énergies, voir : Gaz ou électricité, quel chauffage est le moins cher → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/gaz-ou-electricite-quel-chauffage-moins-cher.
Notre conseil actionnable : ne fondez pas votre tranquillité budgétaire sur le signal réseau. Vérifiez plutôt, une fois par an (idéalement avant l'hiver), si votre contrat de gaz est toujours compétitif.

FAQ — Risque de coupure de gaz en France
Y a-t-il eu un risque de coupure de gaz en France depuis 2022 ? Selon le signal Ecogaz, non. Du 18 octobre 2022 au 13 juin 2026, les 1 327 journées enregistrées sont restées au niveau « vert », le plus bas de l'échelle de tension du réseau. Aucun délestage ni coupure programmée n'a été déclenché sur cette période.
Que signifie la couleur verte d'Ecogaz ? Le vert (niveau 1 sur 4) indique que la consommation de gaz reste raisonnable par rapport aux capacités disponibles et que le réseau est à l'équilibre. Il ne renseigne ni sur le prix du gaz, ni sur l'absence totale de tension : c'est un indicateur de sécurité d'approvisionnement, pas de coût.
Qui serait coupé en premier en cas de signal rouge ? En cas de signal rouge, les gestionnaires du réseau peuvent activer des dispositifs de délestage visant d'abord les grands consommateurs industriels (interruptibilité). Les particuliers et les sites sensibles sont les derniers concernés, ce qui protège structurellement les foyers.
Un signal Ecogaz vert veut-il dire que ma facture de gaz est basse ? Non. Ecogaz mesure la tension physique du réseau, pas le prix. Depuis 2022, le réseau est resté vert alors que les prix ont fortement augmenté. Pour réduire votre facture, le levier le plus efficace reste de comparer et, si besoin, de changer d'offre de gaz.
Conclusion
Sur la question du risque de coupure de gaz en France, les données sont rassurantes et sans ambiguïté : 1 327 journées, 100 % vertes, quatre hivers passés sans la moindre alerte. Mais ce vert raconte la solidité du réseau, pas la santé de votre budget. La vraie action à votre portée n'est pas de surveiller un signal national — c'est de vérifier que votre contrat de gaz est encore au bon prix. Le réseau tient ; à vous de faire tenir votre facture. Changer de fournisseur d'électricité et de gaz en 2026 → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/changer-de-fournisseur-electricite-en-2026