La part de l'éolien et du solaire dans le mix électrique français atteint 15,1 % de la production d'électricité en 2025, soit 82,2 TWh sur 545,9 TWh produits (RTE, éCO2mix, données consolidées). Un chiffre qui a été multiplié par plus de quatre depuis 2012 — mais qui reste très éloigné de ce que laisse imaginer la puissance installée. Voici ce que disent réellement les données, heure par heure.
L'essentiel à retenir
15,1 % de la production électrique française vient de l'éolien et du solaire en 2025 : 9,1 % pour l'éolien (49,6 TWh) et 6,0 % pour le solaire (32,6 TWh). (RTE, éCO2mix, 2025)
Cette part était de 3,5 % en 2012 : elle a plus que quadruplé en quatorze ans. (RTE, éCO2mix)
Le solaire dispose de plus de puissance installée que l'éolien (30,4 GW contre 25,8 GW fin 2025) mais produit un tiers d'électricité en moins. (RTE, parc installé annuel)
Selon les heures, la part réelle de l'éolien et du solaire oscille entre 0,2 % et 45,8 % de la production. (RTE, éCO2mix, 2025)
📌 Note de lecture : trois chiffres à ne jamais confondre
La puissance installée (en GW) est la capacité maximale théorique du parc à un instant donné.
La production (en TWh) est l'électricité réellement injectée sur l'année.
La consommation (en TWh) inclut les échanges avec les pays voisins.
Cet article raisonne sur la part dans la production française, calculée à partir d'une source unique (RTE, éCO2mix national, France continentale, pas de 30 minutes). Les chiffres de puissance installée et de facteur de charge proviennent d'autres jeux de données RTE : ils sont cités séparément, en mise en perspective, et jamais fusionnés avec le calcul principal. Enfin, les données 2025 sont des données consolidées (les données définitives couvrent 2012-2024) : de légers ajustements restent possibles.
Quelle est la part de l'éolien et du solaire dans l'électricité française en 2025 ?
L'éolien et le solaire ont représenté 15,1 % de la production d'électricité française en 2025, soit 82,2 TWh sur un total de 545,9 TWh (RTE, éCO2mix, données consolidées, France continentale). L'éolien pèse 9,1 % (49,6 TWh) et le solaire 6,0 % (32,6 TWh).
Le reste du mix est largement dominé par le nucléaire, avec 68,3 % de la production (373,0 TWh), devant l'hydraulique (11,3 %, 61,9 TWh), le gaz (3,0 %, 16,4 TWh) et les bioénergies (2,0 %, 10,9 TWh). Le charbon et le fioul, eux, ne pèsent plus que 0,3 % à eux deux.

Le point à retenir tient en une phrase : l'éolien et le solaire produisent aujourd'hui plus d'électricité que le gaz, le charbon, le fioul et les bioénergies réunis (82,2 TWh contre 29,7 TWh). Mais ils restent, ensemble, quatre fois plus petits que le seul nucléaire. Le débat public oppose souvent « renouvelables » et « nucléaire » comme deux blocs équivalents : dans les données, le rapport est de 1 à 4,5.
Le chiffre clé : 82,2 TWh d'électricité éolienne et solaire produits en 2025, soit 15,1 % de la production française — contre 18,7 TWh et 3,5 % en 2012.
Part du nucléaire dans le mix électrique → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/mix-electrique-france-2026-renouvelable-nucleaire
Pourquoi la puissance installée donne-t-elle une image trompeuse de l'éolien et du solaire ?
Parce qu'un parc installé ne produit jamais à 100 % de sa puissance. Fin 2025, la France comptait 30,4 GW de solaire raccordés contre 25,8 GW d'éolien (RTE, parc installé annuel éolien et solaire) : le solaire est donc désormais la première filière renouvelable en puissance. Pourtant, il a produit 32,6 TWh contre 49,6 TWh pour l'éolien (RTE, éCO2mix) — soit un tiers d'électricité en moins avec 18 % de puissance en plus.
L'explication tient dans un seul indicateur : le facteur de charge, c'est-à-dire la part de sa puissance maximale qu'une installation délivre réellement en moyenne sur l'année. En 2025, il s'établit à 22,6 % pour l'éolien et 13,6 % pour le solaire (RTE, facteurs de charge mensuels nationaux, moyenne des douze mois de 2025).

C'est le piège de lecture n° 1 du secteur électrique, et il est systématiquement exploité dans les deux sens du débat. Annoncer « X GW de solaire installés » ne dit rien de l'électricité livrée : un panneau ne produit pas la nuit, peu par temps couvert, et son facteur de charge annuel plafonne autour de 14 % en France. À l'inverse, une éolienne tourne aussi la nuit et en hiver, ce qui explique qu'elle produise près de deux fois plus par mégawatt installé. Comparer un parc solaire et un parc nucléaire « en GW » n'a donc aucun sens physique : ce sont deux unités qui ne racontent pas la même histoire.
À retenir : 1 GW de solaire ≈ 1,2 TWh par an ; 1 GW d'éolien ≈ 2,0 TWh par an. Le rapport de 1 à 1,7 explique l'essentiel de l'écart observé.
La part de l'éolien et du solaire progresse-t-elle vraiment ?
Oui, mais pas de façon linéaire : la part de l'éolien et du solaire est passée de 3,5 % de la production en 2012 à 15,1 % en 2025 (RTE, éCO2mix). En volume, la progression est nette et continue : 18,7 TWh en 2012, 50,8 TWh en 2021, 82,2 TWh en 2025.

Un détail passe pourtant inaperçu : en 2024, la part de l'éolien et du solaire a reculé (13,3 %) alors même que leur production restait quasi stable. La raison n'est pas dans le numérateur mais dans le dénominateur : le nucléaire a rebondi de 320 à 362 TWh et l'hydraulique de 58 à 75 TWh cette année-là. Autrement dit, une part qui baisse ne signifie pas que les renouvelables reculent — elle peut simplement signifier que le reste du parc produit davantage. C'est exactement l'inverse qui s'était produit en 2022, année de faible disponibilité nucléaire, où la part avait bondi à 12,8 % sans effort particulier du parc éolien. La part est un ratio : elle se lit toujours à deux étages.
Notre analyse : pour suivre la dynamique réelle des renouvelables, regardez les TWh produits (numérateur), pas seulement le pourcentage. Le pourcentage, lui, dit ce qui compte pour votre facture et pour le CO₂ : ce qui sort effectivement des prises.
D'où vient l'électricité de votre prise → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/origine-electricite-prise
Cette part de 15 % est-elle la même à toute heure de la journée ?
Non — et c'est le chiffre le plus important de cet article. En 2025, la part de l'éolien et du solaire dans la production française a varié de 0,2 % à 45,8 % selon les demi-heures, avec une médiane à 13,4 % (RTE, éCO2mix, 17 520 pas de 30 minutes).
Le maximum, 45,8 %, a été atteint le 4 octobre 2025 à 11h30 : un dimanche venteux et ensoleillé, consommation faible, production totale réduite.
Le minimum, 0,2 %, est tombé le 13 décembre 2025 à 18h00 : 139 MW d'éolien et 2 MW de solaire, au moment précis où le pays produisait 73,8 GW pour passer la pointe du soir.

La coïncidence est cruelle : le creux absolu de l'éolien et du solaire tombe exactement sur la pointe de consommation d'un soir d'hiver. Un 13 décembre à 18h, il fait nuit (solaire = 0) et l'anticyclone qui apporte le froid coupe le vent. C'est ce qu'on appelle le « Dunkelflaute » — et c'est la raison structurelle pour laquelle la France conserve des centrales pilotables (nucléaire, hydraulique de lac, gaz) : elles ne servent pas à produire beaucoup d'énergie sur l'année, mais à être là ce soir-là. En 2025, l'éolien et le solaire ont fourni moins de 5 % de la production pendant 14,5 % du temps, et plus de 25 % pendant 18 % du temps.
Le chiffre clé : record de puissance instantanée éolien + solaire en 2025 : 29,9 GW le 23 octobre à 13h30 (dont 20,1 GW d'éolien, un record). Le même parc, huit semaines plus tard, ne délivrait plus que 0,14 GW.
à quelle heure l'électricité est-elle la plus propre → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/electricite-verte-france-2026-heure-consommation]
À quelle saison l'éolien et le solaire pèsent-ils le plus lourd ?
Au printemps et à l'automne, pas en hiver : en 2025, la part de l'éolien et du solaire a culminé à 18,0 % en mai et en octobre, contre 11,1 % en février et 11,9 % en janvier (RTE, éCO2mix, agrégation mensuelle).
Le détail par filière est riche d'enseignements :
Mois 2025 | Part éolien | Part solaire | Total |
|---|---|---|---|
Janvier | 10,1 % | 1,8 % | 11,9 % |
Mai | 8,8 % | 9,2 % | 18,0 % |
Juillet | 6,8 % | 10,6 % | 17,4 % |
Octobre | 12,3 % | 5,6 % | 18,0 % |
Décembre | 10,5 % | 1,9 % | 12,4 % |
Éolien et solaire sont complémentaires dans l'année, mais tous deux minoritaires quand on en a le plus besoin. Le solaire culmine en juillet (10,6 % de la production) — au moment où la consommation française est au plus bas. L'éolien, lui, est bien orienté (12,3 % en octobre, 10,5 % en décembre), mais sa production hivernale est trop irrégulière pour tenir la pointe. Résultat : c'est précisément en janvier-février, quand chaque kWh compte le plus pour la facture et pour le CO₂, que la part des deux filières est la plus faible de l'année. Cette saisonnalité inversée est le vrai sujet du système électrique français — bien plus que le total annuel de 15,1 %.
À retenir : en hiver, votre électricité est plus carbonée non pas parce que « les renouvelables ne marchent pas », mais parce que la demande de chauffage appelle les moyens de bout de chaîne (gaz). Décaler ses usages reste le levier le plus efficace à l'échelle d'un foyer.
Ce que change (ou pas) la part de l'éolien et du solaire sur votre facture
Sur votre facture, la part de l'éolien et du solaire n'agit pas directement : c'est le prix de gros, la fiscalité et votre offre qui font le montant. Mais la structure du mix a deux conséquences très concrètes pour un ménage.
D'abord, les heures où l'éolien et le solaire sont abondants sont aussi celles où l'électricité est la moins chère sur le marché de gros et la moins carbonée — typiquement le milieu de journée au printemps et en été. Décaler un lave-linge, un chauffe-eau ou la recharge d'un véhicule électrique sur ces créneaux a un effet double : moins de CO₂, et un meilleur alignement avec les offres à heures creuses ou à tarification dynamique.
Ensuite, une offre dite « verte » n'injecte pas physiquement d'électricité renouvelable dans votre prise : le réseau est mutualisé, et ce qui arrive chez vous est le mix national de l'instant — celui que montre le graphique de variabilité ci-dessus. Ce qui distingue les offres, c'est la manière dont elles financent les producteurs renouvelables (garanties d'origine simples ou contrats directs).
Comparer les fournisseurs d'électricité les moins chers → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/top-fournisseurs-electricite-pas-chere-2026
Prix de l'électricité et tarifs 2026 → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/prix-de-electricite-2026-tarifs-guide-complet
Changer de fournisseur d'électricité → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/changer-de-fournisseur-electricite-en-2026]

FAQ — Part de l'éolien et du solaire dans le mix électrique
Quelle est la part de l'éolien et du solaire dans l'électricité française ?
En 2025, l'éolien et le solaire ont produit 15,1 % de l'électricité française, soit 82,2 TWh sur 545,9 TWh de production totale (RTE, éCO2mix, données consolidées). L'éolien en représente 9,1 % (49,6 TWh) et le solaire 6,0 % (32,6 TWh). Cette part était de 3,5 % en 2012.
Pourquoi le solaire produit-il moins que l'éolien alors qu'il y a plus de panneaux installés ?
Parce que le facteur de charge du solaire est presque deux fois plus faible. Fin 2025, la France comptait 30,4 GW de solaire installés contre 25,8 GW d'éolien, mais un panneau ne produit ni la nuit ni par temps couvert : son facteur de charge annuel est de 13,6 %, contre 22,6 % pour l'éolien (RTE, facteurs de charge 2025). Résultat : plus de puissance solaire installée, mais un tiers d'électricité en moins.
La part de l'éolien et du solaire est-elle stable dans la journée ?
Non. En 2025, elle a varié de 0,2 % à 45,8 % de la production selon les demi-heures, avec une médiane à 13,4 % (RTE, éCO2mix). Le minimum a été atteint le 13 décembre 2025 à 18h00, en pleine pointe de consommation hivernale, quand l'éolien ne délivrait que 139 MW et le solaire 2 MW.
L'éolien et le solaire produisent-ils plus que les centrales à gaz en France ?
Oui, et très largement. En 2025, l'éolien et le solaire ont produit 82,2 TWh, contre 16,4 TWh pour le gaz, 0,8 TWh pour le fioul et 0,7 TWh pour le charbon (RTE, éCO2mix). Le gaz reste néanmoins indispensable comme moyen d'ajustement lors des pointes de consommation hivernales.
Conclusion
La part de l'éolien et du solaire dans le mix électrique français est de 15,1 % de la production en 2025 — un niveau réel, vérifiable, quatre fois supérieur à celui de 2012, mais qui ne doit se lire ni en puissance installée (30,4 GW de solaire ne valent pas 30,4 GW de nucléaire) ni en moyenne annuelle (la part réelle oscille entre 0,2 % et 45,8 % selon l'heure). Le conseil actionnable est simple : puisque l'électricité est la plus décarbonée et la moins chère quand l'éolien et le solaire sont abondants — milieu de journée au printemps et en été, épisodes venteux —, c'est sur ces créneaux qu'il faut déplacer ses usages flexibles, et c'est cette logique qu'il faut chercher dans une offre à heures creuses.
