En 2025, 68,3 % de l'électricité produite en France est d'origine nucléaire, soit 373 TWh sur une production totale de 546 TWh. Ce chiffre, calculé à partir des données définitives de RTE éCO2mix, masque une réalité plus nuancée : une décennie de recul lente, une crise aiguë en 2022 (62,9 %), puis un redressement net en trois ans. Comprendre ce que mesure vraiment « la part du nucléaire » — production, pas capacité — est la clé pour décrypter les débats sur l'énergie en France.
Note de lecture : Cet article distingue systématiquement part de production (ce que le nucléaire génère réellement, en TWh) et part de capacité installée (en MW). Ces deux notions ne sont pas équivalentes : une centrale nucléaire fonctionne à plein régime la plupart du temps, alors qu'un panneau solaire ne produit en moyenne que 13 à 15 % de sa puissance nominale sur l'année. Confondre les deux mène à des conclusions erronées.
L'essentiel à retenir
68,3 % de l'électricité française est nucléaire en 2025, soit 373 TWh sur 546 TWh produits (RTE éCO2mix, données définitives 2025).
En 2022, ce chiffre était tombé à 62,9 % — son plancher historique depuis 2012 — en raison d'arrêts massifs pour maintenance et contrôle de corrosion.
Le nucléaire n'est jamais tombé sous 64,6 % du mix mensuel en 2025, même en mai (son mois le plus faible, dopé par le solaire).
La production a rebondi de +34 % entre 2022 et 2025, soit +94 TWh retrouvés en trois ans.
Qu'est-ce que « la part du nucléaire » mesure vraiment ?
La « part du nucléaire dans l'électricité française » désigne la fraction de l'électricité produite sur le territoire national qui provient des réacteurs nucléaires. En 2025, ce chiffre est de 68,3 %, calculé sur les données définitives de RTE éCO2mix pour l'ensemble de l'année calendaire.
Ce pourcentage porte sur la production, pas sur la consommation ni sur la capacité installée. Ces trois notions sont radicalement différentes :
Production (TWh) : l'énergie réellement injectée dans le réseau sur l'année. C'est le chiffre de 68,3 % — le seul qui mesure la dépendance réelle du système électrique au nucléaire.
Consommation (TWh) : l'énergie absorbée par les Français. Elle diffère de la production car la France exporte une partie de son électricité.
Capacité installée (MW) : la puissance maximale théorique du parc. Un réacteur nucléaire fonctionne 70 à 85 % du temps (contre ~15 % pour le solaire, ~25-30 % pour l'éolien), d'où un écart considérable entre part de capacité et part de production.
À retenir : Dire que le nucléaire représente « 68 % de l'électricité française » signifie que 68 kWh sur 100 produits en France viennent des réacteurs — pas que 68 % des centrales sont nucléaires.

Quelle est la part du nucléaire en 2025 et comment a-t-elle évolué depuis 2012 ?
En 2025, le nucléaire représente 68,3 % de la production électrique française, soit 373 TWh. Ce chiffre marque le quatrième exercice consécutif de redressement après la crise de 2022, sans pour autant retrouver les niveaux d'avant 2020.
Sur longue période (2012-2025), la tendance de fond est à la légère baisse : le nucléaire produisait 75 % de l'électricité française en 2012 ; il en produit 68,3 % en 2025. Cette érosion progressive s'explique par la montée en puissance des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique) qui captent une part croissante du mix — pas par un déclin des réacteurs eux-mêmes.
Le graphique ci-dessous illustre cette évolution et la rupture de 2022 :

Les quatre jalons clés de la période :
Année | Part nucléaire | Production (TWh) | Événement structurant |
|---|---|---|---|
2014 | 77,2 % | +415 TWh | Record historique sur la période |
2019 | 70,8 % | ~379 TWh | Avant-COVID, réforme en cours |
2022 | 62,9 % | 279 TWh | Plancher : crise de corrosion + arrêts préventifs |
2025 | 68,3 % | 373 TWh | Redressement net, +34 % vs 2022 |
Le chiffre clé : la part nucléaire n'a jamais été aussi haute que 77,2 % (2014) ni aussi basse que 62,9 % (2022) sur la période 2012-2025, selon les données définitives RTE éCO2mix.
Pourquoi la part du nucléaire a-t-elle chuté à 62,9 % en 2022 ?
En 2022, la production nucléaire française a atteint son plus bas niveau depuis 30 ans, à 279 TWh — contre 373 TWh en 2025, soit 94 TWh de moins (-34 %). Cela a mécaniquement fait chuter la part nucléaire à 62,9 %.
Cette crise est souvent mal interprétée. Il ne s'agissait pas d'une défaillance technologique généralisée, mais d'une conjonction de deux facteurs exceptionnels :
Des arrêts de maintenance accumulés : la crise COVID-2020 avait contraint EDF à reporter des révisions décennales. En 2021-2022, plusieurs réacteurs se sont donc retrouvés simultanément à l'arrêt.
La découverte de phénomènes de corrosion sous contrainte sur les circuits de refroidissement de certains réacteurs (dits « stress corrosion cracking ») : EDF a dû effectuer des contrôles préventifs sur de nombreuses tranches.
Le redressement depuis 2022 est spectaculaire et régulier :
Notre analyse : le retour à 68,3 % en 2025 est réel, mais il reste en deçà des 70-77 % observés avant 2020. Une partie de cet écart permanent s'explique structurellement par la montée des EnR dans le mix — un phénomène qui n'a pas vocation à s'inverser.
La part du nucléaire varie-t-elle selon les mois ?
Oui, et les écarts sont significatifs. Sur l'année 2025, la part mensuelle du nucléaire dans la production française varie de 64,6 % en mai à 71,1 % en septembre.
Cette variation saisonnière est contre-intuitive : on pourrait s'attendre à ce que le nucléaire soit dominant en hiver (forte demande) et marginal en été. C'est l'inverse pour la part : en été, la consommation baisse, le solaire monte, et le nucléaire module sa production à la baisse — mais moins vite que les EnR, d'où une part plus stable qu'on ne le croit.
En mai, le solaire atteint son pic de production saisonnière (3,7 TWh vs 1 TWh en janvier), ce qui « dilue » mécaniquement la part nucléaire dans le mix — sans que les réacteurs aient réduit leur puissance de manière spectaculaire.
Décembre et janvier sont les mois de plus forte production nucléaire en volume absolu (39,5 TWh et 38,8 TWh), portés par la demande hivernale de chauffage. La production maximale instantanée relevée sur le réseau français en 2025 atteignait 56 310 MW de puissance nucléaire.
À retenir : même à son point le plus bas mensuel (mai 2025), le nucléaire représentait encore 64,6 % de la production électrique française — soit une dépendance structurelle très élevée quel que soit le mois.
Nucléaire 68 % vs renouvelables 28 % : comment lire la comparaison ?
En 2025, les énergies renouvelables (éolien + solaire + hydraulique + bioénergies) représentent 28,4 % de la production électrique française, contre 68,3 % pour le nucléaire. Cette comparaison mérite d'être précisée pour éviter les faux-sens.
Les 28,4 % d'EnR se décomposent ainsi (données RTE éCO2mix 2025) :
Source | Production (TWh) | Part dans le mix |
|---|---|---|
Hydraulique | 61,9 TWh | 11,3 % |
Éolien | 49,6 TWh | 9,1 % |
Solaire | 32,6 TWh | 6,0 % |
Bioénergies | 10,9 TWh | 2,0 % |
Total EnR | 155,0 TWh | 28,4 % |
L'hydraulique reste la première énergie renouvelable française en production, loin devant l'éolien. Or le parc solaire, en constante expansion, ne produit que 32,6 TWh malgré une puissance installée en forte croissance : c'est le facteur de charge en jeu — le solaire ne produit que ~15 % de sa capacité nominale sur l'année en France, contre ~80 % ou plus pour le nucléaire en exploitation normale.
Notre analyse : additionner le nucléaire (bas-carbone) et les EnR, on obtient ~96 % de la production électrique française décarbonée. Le gaz, le charbon et le fioul représentent ensemble à peine 3,2 % du mix en 2025 — un chiffre qui illustre la décarbonation profonde du secteur électrique français, indépendamment du débat nucléaire vs renouvelables. Mix électrique France 2026 : renouvelables et nucléaire

FAQ — Part du nucléaire dans l'électricité française
Quelle est la part du nucléaire dans l'électricité française en 2025 ? En 2025, le nucléaire représente 68,3 % de la production électrique française, soit 373 TWh sur une production totale de 546 TWh, selon les données définitives de RTE éCO2mix sur l'ensemble de l'année calendaire 2025.
Quelle a été la part minimale du nucléaire en France sur les dernières années ? Le plancher historique sur la période 2012-2025 a été atteint en 2022, à 62,9 %, soit 279 TWh produits. Cette crise résultait d'une conjonction d'arrêts de maintenance accumulés depuis la période COVID et de contrôles préventifs liés à des phénomènes de corrosion sous contrainte découverts sur certains réacteurs.
La part du nucléaire change-t-elle selon les mois de l'année ? Oui. En 2025, la part mensuelle du nucléaire dans la production française varie de 64,6 % en mai (mois de forte production solaire) à 71,1 % en septembre. En volume absolu, décembre est le mois de production maximale (39,5 TWh), en lien avec la demande hivernale de chauffage électrique.
Quelle est la différence entre part de production et part de capacité installée pour le nucléaire ? La part de production (68,3 % en 2025) mesure la fraction de l'électricité réellement générée par le nucléaire. La part de capacité installée est différente : le nucléaire représente une part moindre de la puissance totale installée en France, mais il génère une proportion bien supérieure de l'énergie car ses réacteurs fonctionnent à plein régime la majorité du temps (facteur de charge élevé), contrairement au solaire (~15 % du temps) ou à l'éolien (~25-30 %).
Conclusion
En 2025, 68,3 % de l'électricité française est d'origine nucléaire — une dépendance structurelle persistante, en léger recul par rapport au pic de 77 % de 2014, mais en nette remontée depuis le creux historique de 62,9 % en 2022. La production nucléaire a retrouvé 94 TWh supplémentaires en trois ans, soit +34 % de redressement.
Ce que ces données révèlent surtout, c'est la complémentarité entre le nucléaire (stable, pilotable, bas-carbone) et les énergies renouvelables (variables, en croissance). La France dispose en 2025 d'un mix électrique décarbonée à ~96 %, ce qui pèse directement sur votre facture si vous choisissez le bon fournisseur au bon moment.
Comparer les offres d'électricité verte → pages offres fournisseurs d'électricité JeSwitch
Changer de fournisseur d'électricité en 2026
Prix du gaz et de l'électricité en 2026
