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Gaz vert par département : la carte de l'IGRm 2026 (et pourquoi l'écart va de 1 à 160)

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Le gaz vert par département ne se répartit pas du tout comme on l'imagine : en février 2026, l'Orne affiche un IGRm de 22,5 % quand le Val-d'Oise plafonne à 0,14 %, soit un rapport de près de 160 entre le premier et le dernier. L'IGRm (Indicateur de Gaz Renouvelable mensuel) mesure la part de gaz renouvelable injecté dans le réseau de chaque territoire. La moyenne des départements atteint désormais 3,9 %, contre moins de 1 % il y a cinq ans. Voici la carte, le classement complet et surtout ce que ces chiffres veulent — et ne veulent pas — dire pour votre facture.

L'essentiel à retenir

  • IGRm moyen des départements : 3,9 % en février 2026 (médiane 3,3 %) — source ODRÉ.

  • Écart record de 1 à 160 : Orne 22,5 % contre Val-d'Oise 0,14 %.

  • 5 départements dépassent 10 % de gaz renouvelable injecté ; à l'opposé, 20 départements restent sous 1 %.

  • La moyenne départementale a été multipliée par 4 en cinq ans (0,95 % fin 2020 → 3,9 % début 2026).

Note de lecture — à lire avant d'interpréter la carte Trois pièges classiques sur cet indicateur :

  1. L'IGRm est une part (%), pas un volume. Un département rural très « vert » n'injecte pas forcément beaucoup de biométhane en absolu : il transporte simplement peu de gaz, dont une grande partie est produite localement.

  2. La moyenne simple des départements (3,9 %) n'est PAS l'IGRm national. Le vrai indicateur national est pondéré par les volumes de gaz : il donne moins de poids à un petit département rural qu'à une grosse métropole, et ressort donc plus bas (de l'ordre de 3 % d'après l'analyse du fichier IGRm régional — source distincte, citée à titre de comparaison).

  3. Le réseau de gaz est interconnecté. L'IGRm reflète le gaz injecté sur un territoire, pas la molécule exacte qui arrive à votre compteur : physiquement, le gaz se mélange dans les canalisations. Enfin, la donnée couvre 87 des 96 départements métropolitains ; quelques territoires sans réseau ou sans injection (Corse, Paris intra-muros, une partie des Alpes du Sud…) n'apparaissent pas.

Qu'est-ce que l'IGRm et comment lire la carte du gaz vert par département ?

L'IGRm (Indicateur de Gaz Renouvelable mensuel) est le pourcentage de gaz renouvelable — surtout du biométhane — injecté chaque mois dans le réseau d'un territoire donné, publié dans les données ouvertes ODRÉ (Open Data Réseaux Énergies). Concrètement, un IGRm de 10 % dans un département signifie que, sur tout le gaz injecté localement ce mois-là, 10 % provenait d'unités de méthanisation plutôt que de gaz fossile importé.

C'est un ratio, et c'est là que se joue toute la lecture. Un IGRm élevé raconte deux histoires possibles : soit le département produit énormément de biométhane, soit il consomme (et donc transporte) peu de gaz au total — auquel cas une production locale même modeste pèse lourd en pourcentage.

Notre analyse. Les départements de tête sont précisément ceux qui combinent forte densité agricole (donc beaucoup d'intrants pour la méthanisation) et faible consommation industrielle. L'IGRm n'est donc pas un thermomètre de « qui produit le plus de gaz vert », mais de « où le gaz vert pèse le plus dans le mix local ». Deux questions différentes, souvent confondues.

Quels départements ont le plus de gaz vert dans leur réseau en 2026 ?

En février 2026, l'Orne domine largement avec un IGRm de 22,5 %, devant les Ardennes (12,9 %), la Mayenne (12,7 %), le Cher (11,0 %) et les Deux-Sèvres (10,0 %) — les cinq seuls départements au-dessus de 10 %, selon les données ODRÉ. Suivent le Cantal, l'Ille-et-Vilaine, l'Aube, l'Aisne et le Lot-et-Garonne, entre 7 et 10 %.

La géographie est frappante : le peloton de tête dessine un croissant qui va de la Normandie et des Pays de la Loire jusqu'au Grand Est, en passant par la Bretagne et le Centre. Ce sont les grands bassins d'élevage et de grandes cultures, où la méthanisation agricole s'est développée le plus vite.

À retenir. Aucun grand département urbain ne figure dans le top 15. La carte du gaz vert est une carte de la ruralité agricole — l'inverse exact de la carte de la consommation de gaz, tirée par les métropoles et l'industrie. Le gaz vert se produit surtout là où l'on en consomme le moins.

Pourquoi les grandes villes et le Sud sont-ils à la traîne ?

À l'autre bout du classement, le Val-d'Oise (0,14 %), les Alpes-Maritimes (0,16 %), les Bouches-du-Rhône (0,23 %), le Doubs (0,28 %) et le Gard (0,32 %) ferment la marche avec un IGRm quasi nul. Le point commun : ce sont des territoires densément peuplés ou fortement consommateurs, où le gaz injecté localement est massivement fossile.

L'explication tient au dénominateur. Une métropole ou un département industriel fait transiter d'énormes volumes de gaz ; même avec quelques méthaniseurs, la part renouvelable y reste diluée. L'arc méditerranéen cumule les handicaps : forte demande, peu d'élevage intensif, donc peu de gisement pour la méthanisation.

Notre analyse. Cette « fracture verte » n'est pas un classement de bons et de mauvais élèves. Un département à 0,2 % n'est pas « en retard » : il est structurellement plus difficile à verdir parce qu'il consomme trop pour que la méthanisation locale suffise. Verdir le gaz d'une métropole suppose d'y acheminer du biométhane produit ailleurs — ce que le réseau interconnecté permet justement de faire.

Le gaz vert progresse-t-il vraiment, ou stagne-t-il ?

Il progresse nettement : la moyenne des IGRm départementaux est passée de 0,95 % fin 2020 à 3,9 % en février 2026, soit une multiplication par quatre en cinq ans, d'après les données ODRÉ. La progression est continue, année après année, sans rupture. Et elle est générale : le nombre de départements dépassant 10 % est passé de zéro en 2020 à cinq début 2026.

Le meilleur exemple est l'Orne, qui illustre la trajectoire d'un territoire pionnier : 5,0 % fin 2020, 9,0 % fin 2022, 16,7 % fin 2023, puis 22,5 % début 2026. En cinq ans, un département agricole a vu près d'un quart de son gaz injecté devenir renouvelable.

Le chiffre clé. Multiplier une part par quatre en cinq ans est spectaculaire, mais le point de départ était très bas (moins de 1 %). Passer de 3,9 % à 10 % ou 15 % au niveau national demandera bien plus d'efforts que le premier bond : le gisement de méthanisation agricole n'est pas infini, et les métropoles resteront difficiles à verdir localement. Il faut lire la pente sans surinterpréter le pourcentage brut.

Est-ce que ça change quelque chose à ma facture de gaz ?

Non, pas directement : l'IGRm de votre département ne modifie ni le prix ni la nature du gaz facturé par votre fournisseur. Le gaz vert et le gaz fossile circulent mélangés dans le même réseau, et le tarif dépend de votre contrat, pas de la part locale de biométhane. Vivre dans l'Orne ne rend pas votre gaz moins cher que dans le Val-d'Oise.

En revanche, l'IGRm éclaire une tendance de fond utile pour arbitrer. Le biométhane est produit en France, ce qui réduit la dépendance aux importations et stabilise une partie de l'approvisionnement. Certains fournisseurs proposent par ailleurs des offres « gaz vert » adossées à des garanties d'origine biométhane : c'est un choix contractuel, pas une conséquence de votre code postal.

Notre conseil. Ne choisissez jamais un fournisseur sur l'IGRm de votre département — c'est un indicateur territorial, pas une caractéristique de votre offre. En revanche, si le gaz vert compte pour vous, comparez les offres proposant explicitement des garanties d'origine biométhane, et vérifiez leur prix : une offre verte n'est pas mécaniquement plus chère.

Comprendre la production réelle de biométhane injecté → article F5 « production biométhane France » — à publier (placeholder cluster gaz vert)

La part de gaz vert vue à l'échelle des régions → article F10 « part gaz vert réseau / IGRm régional » — à publier (placeholder cluster gaz vert)

Comparer gaz et électricité pour le chauffage → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/gaz-ou-electricite-quel-chauffage-moins-cher

Qui fixe le prix de l'énergie en France → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/qui-fixe-le-prix-de-l-energie-en-france

CTA facture — comparer les fournisseurs gaz et électricité → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/comparateur-fournisseur-gaz-et-electricite-pour-faire-des-economies

FAQ — Gaz vert par département

Qu'est-ce que l'IGRm ? L'IGRm (Indicateur de Gaz Renouvelable mensuel) est le pourcentage de gaz renouvelable, essentiellement du biométhane, injecté chaque mois dans le réseau de gaz d'un territoire. Il est publié dans les données ouvertes ODRÉ. En février 2026, la moyenne des départements français s'élève à 3,9 %.

Quel département a le plus de gaz vert en France ? En février 2026, c'est l'Orne, avec un IGRm de 22,5 % de gaz renouvelable injecté, loin devant les Ardennes (12,9 %) et la Mayenne (12,7 %). Ce sont des départements ruraux à forte activité agricole, propice à la méthanisation.

Un IGRm élevé signifie-t-il que mon gaz est plus vert chez moi ? Pas exactement. Le réseau de gaz est interconnecté et les molécules se mélangent : l'IGRm mesure la part de gaz renouvelable injecté sur un territoire, pas ce qui arrive physiquement à votre compteur. Un IGRm départemental élevé traduit surtout une forte production locale rapportée à une faible consommation.

L'IGRm de mon département influence-t-il ma facture de gaz ? Non. Le prix et la nature du gaz facturé dépendent de votre contrat et de votre fournisseur, pas de la part de biométhane injectée localement. Pour un gaz plus vert, il faut souscrire une offre proposant des garanties d'origine biométhane, indépendamment de votre département.

Conclusion

Le gaz vert par département dessine une France à deux vitesses : une ruralité agricole où le biométhane dépasse déjà 10, voire 20 % du gaz injecté, et des métropoles où il reste marginal. La moyenne départementale (3,9 %, ×4 en cinq ans) confirme une dynamique réelle, mais un pourcentage territorial élevé ne rend pas votre gaz moins cher ni forcément plus vert à votre compteur. Le vrai levier reste votre contrat : si le gaz renouvelable compte pour vous, comparez les offres à garanties d'origine — sans supposer qu'elles coûtent plus cher.

Source : ODRÉ / Open Data Réseaux Énergies — Indicateur de Gaz Renouvelable mensuel (IGRm) par département, janvier 2020 → février 2026 (87 départements métropolitains). Mise en perspective de l'IGRm national pondéré à partir du fichier IGRm régional (source distincte). Données publiques publiées sur data.gouv.fr.

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Sources officielles & vérification

Photo de Salah-eddine Mis à jour le 2 septembre 2026 — par Salah-eddine— Responsable éditorial & expert énergie

Les montants et règles cités sont issus des sites officiels ci-dessus. Aucune donnée n'est générée par IA ; les chiffres sont vérifiés à la date indiquée.