L'empreinte carbone électricité hiver été permet de mesurer les émissions de CO₂ associées à un kilowattheure selon la saison. En France, les données RTE montrent qu'en 2025 un kWh émet en moyenne 28,3 g CO₂ en hiver contre seulement 12,7 g en été. Cette différence s'explique principalement par le recours plus important aux centrales à gaz pendant les périodes froides. Cet article analyse les causes de cet écart, les heures où l'électricité est la moins carbonée et les gestes permettant de réduire son impact.
L'essentiel à retenir
28,3 g CO₂/kWh en hiver contre 12,7 g en été (France, 2025) : l'électricité hivernale est 2,2 fois plus carbonée — RTE, éCO2mix.
L'hiver représente 30,8 % de la consommation annuelle mais 46,1 % des émissions de la production électrique française en 2025.
En cause : 4 114 MW de production fossile appelés en moyenne l'hiver contre 1 063 MW l'été, soit 3,9 fois plus — le gaz à lui seul passe de 965 à 3 817 MW.
Le pire créneau hivernal (32,0 g à 19h) est 3,5 fois plus carboné que le meilleur créneau estival (9,1 g à 13-14h).
📌 Note de lecture — trois précautions indispensables
1. Périmètre de l'indicateur. Le « taux de CO₂ » publié par RTE mesure les émissions directes de la production d'électricité en France (combustion dans les centrales). Il n'inclut ni l'analyse de cycle de vie (fabrication des installations, extraction du combustible), ni les émissions associées à l'électricité importée. Les valeurs en cycle de vie publiées par d'autres organismes sont mécaniquement plus élevées : ces deux familles de chiffres ne se comparent pas entre elles.
2. Statut des données. Les données 2012-2024 sont définitives. Les données 2025 et janvier 2026 sont consolidées, donc encore susceptibles d'ajustements marginaux. Nous le signalons partout où un chiffre 2025 est cité.
3. Méthode de calcul. Toutes les moyennes de cet article sont pondérées par la consommation au pas demi-horaire : une demi-heure de forte consommation pèse davantage qu'une demi-heure creuse. C'est la seule façon honnête d'estimer le contenu carbone du kWh réellement consommé.
Quelle est l'empreinte carbone de l'électricité en hiver et en été en France ?
En 2025, l'électricité française a émis en moyenne 28,3 g CO₂/kWh sur les mois d'hiver (décembre, janvier, février) contre 12,7 g CO₂/kWh sur les mois d'été (juin, juillet, août), d'après les données éCO2mix de RTE. L'écart est donc d'un facteur 2,2.
Vu mois par mois, la courbe est encore plus parlante. Février 2025 culmine à 31,8 g, janvier à 30,1 g, tandis que mai tombe à 9,2 g et septembre à 8,5 g. Entre le mois le plus carboné et le mois le moins carboné de l'année, le rapport atteint 3,5.

Le chiffre clé 46,1 % des émissions annuelles de la production électrique française se concentrent sur trois mois d'hiver, qui ne représentent que 30,8 % de la consommation. À l'inverse, l'été pèse 21,5 % de la consommation pour seulement 14,4 % des émissions.
Cette dissymétrie est la vraie information de l'article, et elle est presque toujours absente des contenus sur le sujet. On lit partout que « la France consomme plus en hiver » — c'est vrai, mais insuffisant. Le point important est que les émissions montent plus vite que la consommation. Consommer 46 % de plus d'électricité en hiver ne produit pas 46 % d'émissions en plus : cela en produit environ trois fois plus. Le kWh marginal d'hiver n'a rien à voir avec le kWh moyen.
Pourquoi l'électricité d'hiver est-elle plus carbonée ? Le mécanisme en trois temps
L'électricité d'hiver est plus carbonée parce que la demande supplémentaire de chauffage est couverte en dernier ressort par des centrales thermiques fossiles, principalement au gaz. En 2025, la production fossile moyenne appelée sur le réseau français atteint 4 114 MW en hiver contre 1 063 MW en été (RTE), soit 3,9 fois plus. Le gaz seul passe de 965 MW à 3 817 MW.
Le mécanisme se déroule en trois temps :
La demande grimpe. La consommation moyenne passe de 43 251 MW l'été à 63 303 MW l'hiver, soit +46 %. La France est l'un des pays les plus thermosensibles d'Europe, en raison du poids du chauffage électrique dans le parc résidentiel.
Les sources bas-carbone augmentent, mais pas assez. Elles ne restent pas immobiles : le nucléaire passe de 38 208 à 51 034 MW, l'hydraulique de 5 584 à 9 280 MW, l'éolien de 3 617 à 7 107 MW. Mais le solaire, lui, s'effondre : 5 629 MW l'été contre 1 709 MW l'hiver, divisé par 3,3.
Le gaz comble le reste. Ce sont les centrales à cycle combiné et les cogénérations qui assurent l'ajustement final, aux heures et aux jours où le reste ne suffit pas.
Notre analyse Le nucléaire hivernal est 34 % plus productif qu'en été, l'hydraulique 66 % plus productif, l'éolien 96 % plus productif. Le système français fait donc déjà beaucoup pour absorber la pointe de chauffage avec du bas-carbone. C'est le dernier étage de la pile — quelques milliers de MW de gaz — qui fait toute la différence sur le compteur CO₂.
Il faut résister à une conclusion trop rapide : ces 4 114 MW fossiles ne représentent que 5,5 % de la production hivernale. Ce n'est pas un mix « sale », c'est un mix très bas-carbone avec un appoint fossile. Mais parce que le point de départ est extrêmement bas (le nucléaire et l'hydraulique n'émettent quasiment rien en combustion directe), un petit volume de gaz suffit à doubler l'intensité carbone moyenne. C'est l'arithmétique des petits nombres : plus un système est décarboné, plus le moindre recours au fossile pèse en proportion.

À quelle heure l'électricité d'hiver est-elle la plus carbonée ?
En hiver 2025, l'intensité carbone de l'électricité française est maximale à 19h (32,0 g CO₂/kWh) et minimale vers 3h du matin (24,3 g), soit un écart intra-journalier de 32 %. En été, le profil est inversé et bien plus creusé : le minimum tombe à 9,1 g entre 13h et 14h, le maximum atteint 18,1 g vers 23h.
À retenir La meilleure heure d'été (9,1 g) est 3,5 fois moins carbonée que la pire heure d'hiver (32,0 g). Sur l'ensemble de l'hiver 2025, 19,2 % des demi-heures dépassent 40 g CO₂/kWh, contre 0,5 % l'été.
Le creux de milieu de journée n'a pas la même signification selon la saison. L'été, il est spectaculaire : le solaire écrase littéralement la courbe entre 11h et 17h, et le kWh de 13h est deux fois moins carboné que celui de 23h. L'hiver, ce creux existe encore (26,0 g à 13h contre 32,0 g à 19h) mais il est beaucoup plus plat, parce que le solaire produit trois fois moins et pendant moins d'heures. Autrement dit : le conseil « lancez vos appareils à midi » est un excellent conseil d'été et un conseil médiocre d'hiver. En hiver, ce qui compte n'est pas de viser midi, c'est d'éviter la fenêtre 17h-21h.
Le pic absolu de l'année 2025 illustre bien le phénomène : 58 g CO₂/kWh le 14 janvier 2025 à 11h, pour une consommation instantanée de 84 542 MW et 7 647 MW de gaz appelés simultanément. À l'autre extrémité, le plancher de l'année s'établit à 5 g CO₂/kWh, le 24 septembre 2025.
les créneaux horaires où l'électricité est la plus propre → /mutuelle-sante/actualites/electricite-verte-france-2026-heure-consommation
d'où vient réellement l'électricité de votre prise → /mutuelle-sante/actualites/origine-electricite-prise
L'écart hiver/été se réduit-il avec la décarbonation du mix ?
Non : en valeur absolue l'écart se réduit, mais en proportion il s'est creusé. L'hiver était 1,78 fois plus carboné que l'été en 2013 ; il l'est 2,23 fois en 2025. Entre-temps, les deux courbes se sont pourtant effondrées : l'intensité carbone hivernale est passée de 76,0 à 28,3 g CO₂/kWh (−63 %) et l'intensité estivale de 42,6 à 12,7 g (−70 %).

C'est le résultat le plus contre-intuitif de cette analyse : décarboner le mix ne supprime pas la saisonnalité, elle la rend plus visible. La raison tient au solaire. Chaque gigawatt photovoltaïque installé nettoie massivement l'été — la saison où l'on n'a justement pas besoin de chauffer — et ne fait presque rien pour la pointe de 19h en février, quand le soleil est couché depuis deux heures. La décarbonation progresse donc plus vite en été qu'en hiver, ce qui écarte mécaniquement les deux courbes en valeur relative, alors même que tout le monde s'améliore.
Notre analyse Une précaution s'impose sur la lecture année par année : l'intensité carbone dépend fortement de la disponibilité du parc nucléaire et de l'hydraulicité. Le pic de 2022 (63,5 g l'hiver) s'explique par les arrêts pour corrosion sous contrainte, pas par une dérive structurelle. Sur la moyenne longue 2015-2024, le mois le plus carboné de l'année n'est d'ailleurs pas janvier (54,6 g) mais novembre (61,5 g) : le chauffage démarre alors que la maintenance nucléaire n'est pas encore entièrement terminée et que le solaire s'est déjà retiré. En 2024 et 2025, ce maximum est revenu en janvier-février.
Que faire concrètement : pourquoi décaler un usage en janvier vaut plus qu'en juillet ?
Parce qu'un kWh évité en hiver « pèse » 2,2 fois plus carbone qu'un kWh évité en été — et bien davantage encore si on l'évite pendant la pointe du soir. C'est la traduction pratique de tout ce qui précède : l'effort de sobriété n'a pas un rendement constant dans l'année.
Trois conséquences directes pour un ménage :
La priorité hivernale, c'est la fenêtre 17h-21h. Différer un lave-vaisselle, une machine à laver ou une recharge de véhicule électrique de 19h à 2h du matin fait passer le kWh d'environ 32 g à 24 g dans les moyennes 2025 — et l'écart est bien plus large les jours de tension réseau.
En été, viser le milieu de journée. Entre 11h et 17h, l'abondance solaire fait tomber le contenu carbone sous 10 g. Un ballon d'eau chaude programmé à 13h en juillet est presque « gratuit » en CO₂.
Le chauffage reste le levier n°1. L'écart saisonnier vient d'un seul poste. Un degré de moins sur le thermostat, un programmateur, une isolation améliorée agissent exactement là où le kWh est le plus carboné et le plus cher.
À retenir Décaler un usage ne change pas votre consommation totale : cela change quand vous consommez. C'est précisément ce que valorisent les offres à heures creuses, qui font coïncider votre intérêt financier avec les créneaux les moins tendus du réseau.
calculer sa consommation en kWh → /mutuelle-sante/actualites/calculer-consommation-kwh-guide

FAQ — Empreinte carbone de l'électricité hiver / été
De combien l'électricité est-elle plus carbonée en hiver qu'en été en France ?
En 2025, l'électricité française a émis en moyenne 28,3 g CO₂/kWh pendant les mois d'hiver (décembre, janvier, février) contre 12,7 g CO₂/kWh pendant les mois d'été (juin, juillet, août), selon les données éCO2mix de RTE. L'électricité hivernale est donc environ 2,2 fois plus carbonée. Ces chiffres portent sur les émissions directes de la production électrique en France, hors analyse de cycle de vie.
Pourquoi l'électricité française est-elle plus carbonée en hiver ?
Parce que la demande de chauffage fait grimper la consommation de 46 % en moyenne (43 251 MW l'été contre 63 303 MW l'hiver en 2025) et que ce supplément est couvert en dernier ressort par des centrales thermiques fossiles. La production fossile appelée passe de 1 063 MW l'été à 4 114 MW l'hiver, soit 3,9 fois plus, le gaz représentant l'essentiel de cet appoint. Dans le même temps, la production solaire est divisée par 3,3.
À quelle heure faut-il consommer son électricité pour émettre le moins de CO₂ ?
Cela dépend de la saison. En été 2025, le meilleur créneau se situe entre 13h et 14h, à 9,1 g CO₂/kWh, grâce à la production solaire. En hiver, le creux de midi est beaucoup plus faible et le meilleur créneau se trouve la nuit, vers 3h du matin, à 24,3 g CO₂/kWh ; le pire est la pointe du soir de 19h, à 32,0 g. La règle pratique en hiver est donc d'éviter la fenêtre 17h-21h.
La décarbonation du mix électrique va-t-elle faire disparaître l'écart hiver/été ?
Pas à court terme. Entre 2013 et 2025, l'intensité carbone hivernale a chuté de 76,0 à 28,3 g CO₂/kWh et l'intensité estivale de 42,6 à 12,7 g, mais l'écart relatif s'est creusé, passant d'un facteur 1,78 à un facteur 2,23. Le développement du solaire décarbone surtout l'été et les heures de milieu de journée, alors que la pointe de consommation hivernale a lieu le soir, après le coucher du soleil.
Conclusion
L'empreinte carbone de l'électricité en hiver et en été n'a rien d'anecdotique : 2,2 fois plus de CO₂ par kWh en décembre-février qu'en juin-août, et près de la moitié des émissions annuelles concentrées sur trois mois. La bonne nouvelle est que le niveau absolu s'est effondré en treize ans. La nuance utile est que la saisonnalité, elle, résiste — et qu'elle se déplace vers la pointe du soir d'hiver, là où ni le solaire ni les économies d'été ne peuvent grand-chose.
Le conseil actionnable tient en une phrase : c'est entre 17h et 21h, de décembre à février, que décaler un usage rapporte le plus — en CO₂ évité comme, très souvent, en euros sur la facture.
