La consommation de gaz en France s'établit à 350 793 GWh en 2025, son plus bas niveau depuis plus de dix ans. C'est 29 % de moins qu'au pic de 2017 (493 718 GWh) : en huit ans, le pays a effacé près d'un tiers de sa consommation de gaz acheminée sur le réseau de transport. Voici ce que disent vraiment les chiffres officiels — et ce que cette baisse change (ou non) pour votre facture.
L'essentiel à retenir
350 793 GWh de gaz consommés en 2025 sur le réseau de transport français, contre 493 718 GWh en 2017 : −29 %.
Le pic remonte à 2017, soit avant la crise des prix : la baisse a commencé tôt, puis s'est fortement accélérée à partir de 2022.
L'Île-de-France reste la 1ʳᵉ région consommatrice (57 420 GWh, 16 % du total), devant le Grand Est et les Hauts-de-France.
Une consommation qui baisse ne fait pas baisser la facture automatiquement : le prix unitaire, lui, a grimpé depuis 2021.
Source : NaTran (ex-GRTgaz) + Teréga, données ODRÉ publiées sur data.gouv.fr, 2025 (Définitif).
Note de lecture (à lire avant les chiffres) Ces données mesurent la consommation brute, c'est-à-dire non corrigée des variations de température. Un hiver froid gonfle mécaniquement la consommation, un hiver doux la réduit : c'est ce qui explique les « bosses » de la courbe (2014 doux, 2016-2017 plus froids). De plus, ces chiffres couvrent le réseau de transport (NaTran + Teréga) ; ils ne se comparent pas directement à la consommation mesurée sur le réseau de distribution, dont le périmètre est différent.

Quelle est la consommation de gaz en France en 2025 ?
En 2025, la consommation brute de gaz sur le réseau de transport français atteint 350 793 GWh (PCS 0°C), selon les données NaTran et Teréga publiées via l'ODRÉ sur data.gouv.fr. C'est le niveau le plus bas de toute la série disponible (depuis 2013) et 28,9 % de moins que le pic de 493 718 GWh atteint en 2017.
La trajectoire ne se résume pas à une ligne droite. Après un sommet en 2016-2017, la consommation oscille puis décroche nettement à partir de 2022 : 429 644 GWh en 2022, 380 490 en 2023, 361 652 en 2024, et donc 350 793 en 2025.
Le point souvent oublié : le statut de la donnée. Les chiffres 2025 sont déjà classés Définitif, tandis que 2022 et 2023 restaient au statut Consolidé dans le jeu de données. C'est un détail qui compte pour la rigueur — comparer une année définitive à une année encore consolidée demande de la prudence, même si l'ampleur de la tendance, elle, ne fait pas débat.
Le chiffre clé : −29 % de consommation de gaz entre 2017 et 2025. Près d'un tiers de la demande de gaz du réseau de transport a disparu en huit ans.
La baisse de la consommation de gaz est-elle due à la crise de 2022 ?
En partie seulement. Le pic de consommation date de 2017, soit cinq ans avant la flambée des prix de l'énergie : la tendance baissière a donc démarré bien avant la crise. Mais c'est cette crise qui l'a transformée en chute brutale.
Les chiffres permettent de trancher cette question, souvent mal posée :
2017 → 2021 (avant-crise) : de 493 718 à 461 662 GWh, soit −6,5 % en quatre ans. Une érosion lente, en partie masquée par les aléas climatiques.
2021 → 2025 (crise et après) : de 461 662 à 350 793 GWh, soit −24 % en quatre ans. C'est là que se concentre l'essentiel de la baisse.
Conclusion honnête : ni « tout vient de 2022 », ni « c'était déjà écrit ». La France réduisait déjà doucement sa consommation de gaz avant la crise (sortie progressive des chaudières fioul/gaz, efficacité énergétique, météo). La crise de 2022-2023 a agi comme un accélérateur — sobriété contrainte par les prix, baisse d'activité industrielle, anticipation des coupures russes — sur une pente déjà entamée. Réduire le phénomène à un simple « effet prix passager » serait inexact : à fin 2025, la consommation ne remonte pas malgré la détente des prix.
Notre analyse : la baisse est à la fois structurelle (tendance de fond) et conjoncturelle (choc de 2022). Les deux lectures sont vraies en même temps ; c'est précisément ce qui rend peu probable un retour rapide aux niveaux d'avant.
Comprendre l'évolution des tarifs → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/augmentation-gaz-et-electricite-2025-ce-quil-faut-savoir]
Quelle région consomme le plus de gaz en France ?
En 2025, l'Île-de-France est la première région consommatrice de gaz avec 57 420 GWh, soit 16,4 % du total national. Suivent le Grand Est (52 434 GWh, 14,9 %) et les Hauts-de-France (47 606 GWh, 13,6 %). À elles trois, ces régions concentrent près de 45 % de la consommation de gaz du réseau de transport.

Le classement ne suit pas simplement la population. L'Île-de-France domine logiquement (poids démographique et tertiaire), mais le Grand Est et les Hauts-de-France se hissent juste derrière grâce à leur tissu industriel : sidérurgie, chimie, agroalimentaire. La consommation de gaz d'une région raconte donc autant son industrie que ses logements. À l'inverse, des régions peuplées comme l'Occitanie (13 936 GWh) consomment peu de gaz, signe d'un mix énergétique plus tourné vers l'électricité et un climat plus doux.
À retenir : la hiérarchie du gaz est portée par l'industrie autant que par le chauffage. C'est pourquoi la carte ne ressemble pas à une carte de densité de population.

Votre département consomme-t-il plutôt du gaz ou de l'électricité → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/gaz-ou-electricite-quel-chauffage-moins-cher]
Pourquoi toutes les régions ne baissent-elles pas au même rythme ?
Parce que la baisse frappe d'abord les régions les plus industrielles. Entre 2017 et 2025, Provence-Alpes-Côte d'Azur affiche le recul le plus marqué (−44,4 %), suivie des Hauts-de-France (−34,9 %) et du Grand Est (−32,8 %). À l'autre extrême, la Bretagne ne perd que 2,1 % sur la même période.

Cet écart de 1 à 20 entre PACA et la Bretagne est l'enseignement le plus contre-intuitif du jeu de données. La logique : là où le gaz sert surtout à de gros sites industriels (pétrochimie de l'étang de Berre en PACA, sidérurgie du Nord et de l'Est), une fermeture, un ralentissement ou une bascule d'énergie fait chuter brutalement la courbe régionale. Là où le gaz est surtout résidentiel (Bretagne, où le gaz pèse peu et reste lié au chauffage des logements), la consommation est bien plus inerte : on ne change pas de chaudière au rythme où une usine module sa production. La baisse nationale de −29 % est donc une moyenne qui cache deux histoires très différentes : une demande industrielle volatile et fortement orientée à la baisse, et une demande résidentielle plus stable.
Le chiffre clé : de −44 % (PACA) à −2 % (Bretagne), l'écart régional est immense. La « baisse du gaz » n'est pas uniforme sur le territoire.
Pourquoi votre facture de gaz ne baisse-t-elle pas autant que la consommation nationale ?
Parce que votre facture dépend de deux choses, pas d'une seule : le volume que vous consommez et le prix de chaque kWh (plus l'abonnement). La consommation nationale mesure le volume ; or c'est surtout le prix unitaire qui a bougé depuis 2021 — fortement à la hausse.
Autrement dit, on peut consommer moins de gaz et payer autant, voire plus. C'est l'effet ciseau : la baisse des volumes est en partie compensée par la hausse des tarifs. Les chiffres de consommation, qui portent sur le réseau national, ne reflètent donc pas directement le montant qui s'affiche sur votre échéancier.
Ce qui reste à votre main, ce n'est pas le prix de marché du gaz — vous ne le fixez pas — mais l'offre que vous avez souscrite. À consommation égale, l'écart entre deux fournisseurs ou deux types d'offre (prix fixe, prix indexé, tarifs de l'abonnement) peut représenter plusieurs dizaines d'euros par an sur un foyer chauffé au gaz. C'est le seul levier directement actionnable face à un prix de l'énergie que vous subissez.
Notre conseil actionnable : ne raisonnez pas en « le gaz baisse, donc je paierai moins ». Comparez votre offre actuelle au marché — c'est là que se joue l'économie réelle, indépendamment de la tendance nationale.
Qui fixe réellement le prix de l'énergie en France → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/qui-fixe-le-prix-de-l-energie-en-france]
Comparer les offres et changer de fournisseur → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/comparateur-fournisseur-gaz-et-electricite-pour-faire-des-economies]
FAQ — Consommation de gaz en France
Quelle est la consommation de gaz en France en 2025 ? En 2025, la consommation brute de gaz acheminée sur le réseau de transport français (NaTran et Teréga) atteint 350 793 GWh (PCS 0°C), selon les données ODRÉ publiées sur data.gouv.fr. C'est 29 % de moins qu'au pic de 2017 (493 718 GWh). Cette donnée est brute, c'est-à-dire non corrigée des variations de température.
Pourquoi la consommation de gaz baisse-t-elle en France ? La baisse combine plusieurs facteurs : la crise des prix de 2022-2023, les efforts de sobriété, le remplacement progressif des chaudières au gaz, l'amélioration de l'efficacité énergétique et le recul de l'activité industrielle. Le pic date toutefois de 2017, avant la crise : la tendance baissière a donc précédé le choc des prix, qui l'a fortement accélérée à partir de 2022.
Quelle région française consomme le plus de gaz ? En 2025, l'Île-de-France est la première région consommatrice de gaz avec 57 420 GWh, soit 16 % du total national, devant le Grand Est (52 434 GWh) et les Hauts-de-France (47 606 GWh). À elles trois, ces régions concentrent près de 45 % de la consommation de gaz du réseau de transport. La Corse n'est pas raccordée à ce réseau.
La consommation de gaz qui baisse fait-elle baisser ma facture ? Pas mécaniquement. La facture dépend du volume consommé mais aussi du prix unitaire du kWh et de l'abonnement, qui ont fortement augmenté depuis 2021. On peut donc consommer moins de gaz et payer autant, voire davantage. Le levier le plus direct pour agir sur le montant reste la comparaison des offres de fournisseurs.
Conclusion
La consommation de gaz en France a perdu près d'un tiers de son volume depuis 2017, pour tomber à 350 793 GWh en 2025. Derrière ce −29 % se cachent deux réalités : une tendance de fond engagée avant la crise, et une accélération spectaculaire à partir de 2022 — surtout portée par l'industrie, très inégalement selon les régions. Pour vous, le message est clair : la baisse nationale ne se traduit pas automatiquement sur votre facture. Le geste utile, lui, est concret : comparer votre offre de gaz pour vous assurer de ne pas payer plus que nécessaire un volume que vous consommez déjà moins.
[INTERNAL-LINK: estimer et comparer le prix du gaz en 2026 → https://jeswitch.fr/mutuelle-sante/actualites/prix-gaz-electricite-2026]
